Le trouble de l’intégration sensorielle

L’intégration neurosensorielle

L’intégration neurosensorielle (INS) est la capacite à ressentir, comprendre et organiser les stimuli provenant de notre corps et de l’environnement pour y répondre de manière adéquate. Nous sommes sans cesse confrontés à des expériences sensorielles dans notre vie quotidienne : la lumière, les couleurs, les bruits environnants, les gens qui me parlent, la chaleur du soleil, le vent, la pluie, les odeurs… Tous ces stimuli sont là, m’entourent, et mon cerveau doit ainsi en permanence faire le tri entre les données urgentes, importantes et moins importantes. Ainsi, il nous permet de se focaliser sur l’essentiel. Ce que mon cerveau fait est ce que nous appelons l’intégration neurosensorielle.

Cette capacité de tri des informations est développée des la naissance et ne cesse de se modifier et de se préciser en fonction des expériences de vie. L’enfant va donc petit a petit catégoriser ces expériences sensorielles afin de leur donner l’importance qu’elles requièrent au bon moment.

Le trouble de l’intégration sensorielle 

Pour Isabelle Babington, ergothérapeute spécialisée en INS « Il y a un trouble de l’intégration sensorielle quand le système nerveux de l’enfant est incapable de trier, réguler, comparer et/ou utiliser les informations provenant de ses sens pour fonctionner de façon fluide dans sa vie quotidienne ».

Les troubles de l’intégration neurosensorielles affectent :

  • La plupart des enfants dans le spectre autistique
  • La plupart des enfants porteurs de troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité
  • Un fort pourcentage des enfants “dys”
  • Certains enfants précoces (haut potentiel intellectuel)
  • Des enfants qui ont été privés, pour une raison ou une autre, de stimuli sensoriels dans les premiers jours, semaines, mois de vie (par exemple, les enfants prématurés et/ou placés en couveuse, les orphelins placés dans des institutions fermées, les enfants atteints de lésions neurologiques).

Le trouble de l’intégration sensorielle peut porter sur un ou plusieurs sens, mais les 5 sens ne sont pas forcément toujours touchés. Ce sont des enfants qui montreront par exemple une sensibilité particulière au toucher, ou bien à l’ouïe mais pas à l’odorat et cela peut être l’inverse pour un autre enfant. Les conséquences de cette souffrance peuvent être un comportement agressif car ils se sentent eux-mêmes agresses sans pouvoir s’en extraire.

Ce sont des enfants que l’on catégorise rapidement comme « difficiles » car ils sont incapables de se calmer tout seuls, de se détendre. On remet alors la faute sur leur éducation, où l’on remet en question leur intelligence… Il n’est pas possible de comprendre que si cet enfant n’arrive pas à rester en place, ou à faire sa sieste, c’est parce que son habit le gratte, le bruit de l’horloge est trop fort, et la lumière trop aveuglante.

Les enfants qui vivent cette hyperstimulation ont alors trois choix :

  • L’apathie : ils se referment sur eux-mêmes, sont comme absents, évitent les autres, les lieux bruyants
  • L’affrontement : ils réagissent vite, violement, se mettent en colère
  • La fuite : ils font des crises de panique, se bloquent

Les troubles de l’intégration neurosensorielle peuvent affecter le geste d’écriture, rendre difficile la tenue du crayon et engendrer une grande fatigabilité. De même, rester assis et concentre en classe demande un effort trop important et empêche l’enfant d’être indépendant dans son travail. Plus généralement, ne pas être capable de gérer les stimuli pour s’adapter aux situations les plus quotidiennes devient source de frustration, de mauvaise image de soi et entame sérieusement la confiance en ses propres capacités.

Le repérage

Un trouble de l’intégration neurosensorielle peut être suspecté quand un enfant ne réagit pas tout à fait comme les autres à un stimulus, et cela de manière répétée. On peut parler d’hypersensibilité sensorielle pour les sur réactions (hyper réaction aux stimuli comme un grand inconfort face à une luminosité perçue comme neutres par d’autres personnes) ou d’hyposensibilité sensorielle pour les sous réactions (manque de réaction face à un son, une odeur, une douleur ; recherche de sensations pour que l’information puisse être traitée par le cerveau comme le fait de se balancer continuellement ou se taper contre des objets).

Un enfant donné va pouvoir être hyper ou hypo sensible dans une ou plusieurs catégories. Le toucher (n’aime pas les étiquettes des vêtements, n’aime pas se brosser les cheveux ou les dents, sursaute au moindre toucher…), le mouvement (malade en voiture, très maladroit), l’audition (distrait par les moindres petits bruits, aime ou n’aime pas une personne pour sa voix), le gout (n’aime pas beaucoup d’aliments, a une peur panique du dentiste) , la vue (ne supporte pas les néons, la tv lui donne mal à la tête), l’odorat (ne supporte pas les odeurs, peut aimer ne pas aimer quelqu’un pour son odeur).

Il existe une liste plus exhaustive que vous pouvez remplir avec un praticien afin de former un diagnostic précis.

Que faire pour les aider ?

Il est important d’obtenir un diagnostic. Un psychologue, un psychiatre ou un psychomotricien sera à même de faire ce diagnostic avec un bilan prenant en compte les différents systèmes de l’enfant soit sensoriel, moteur, régulateur, perceptif, cognitif, émotionnel et social. Le diagnostic permet souvent aux adultes de mieux comprendre la souffrance vécue par l’enfant. Prévenir les adultes autours de l’enfant permettra d’éviter les catégorisations rapides telles que « difficile », « turbulent »…

Face à une personne ayant un trouble de l’intégration sociale, l’important est de garder une posture positive et bienveillante : faire preuve d’empathie et de compréhension envers ses difficultés, anticiper les crises en évitant les lieux avec des stimuli sensoriels trop importants ou adapter ce milieu en prévoyant une porte de sortie facile d’accès, fixer des objectifs réalistes en mettant en avant les petites victoires de la vie, valoriser l’enfant dans ses acquisitions et apprentissages…

Enfin, il est primordial de parler ouvertement et en toute honnêteté avec l’enfant de ses difficultés et de ce qu’il traverse pour trouver ensemble des stratégies d’adaptation qui lui permettront un meilleur confort de vie et un plus grand épanouissement personnel.

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