Quotient Intellectuel et Intelligence

Qu’appelle-t-on intelligence ?

En fait, nous devrions plutôt parler d’intelligences, au pluriel. Howard Gardner propose en effet en 1993 neuf intelligences différentes, qui peuvent co-exister ou pas chez une même personne :

  • L’intelligence linguistique : « capacité à utiliser et à comprendre les mots et les nuances de sens ».
  • L’intelligence logico-mathématique : « capacité de manipuler les nombres et de résoudre des problèmes logiques »
  • L’intelligence spatiale : « capacité de trouver son chemin dans un environnement donné et d’établir des relations entre les objets dans l’espace »
  • L’intelligence intra-personnelle : « capacité à décrypter ses propres émotions, à rester ouvert à ses besoins et à ses désirs ».
  • L’intelligence interpersonnelle : « capacité de comprendre les autres, de communiquer avec eux ».
  • L’intelligence corporelle-kinesthésique : « capacité d’utiliser le contrôle fin des mouvements du corps dans les activités comme le sport et les danses ».
  • L’intelligence musicale : « capacité à percevoir et créer des rythmes et mélodies, de reconnaître des modèles musicaux, de les interpréter et d’en créer ».
  • L’intelligence naturaliste : « capacité d’apprécier, de reconnaître et de classer la faune, la flore et le monde minéral ».
  • L’intelligence existentielle : « capacité à penser nos origines et notre destinée ».

Howard Gardner qualifie l’intelligence existentielle de « huitième et demi » dans son modèle. Elle n’est pas une intelligence à part entière.

Grace à D. Wechsler, nous parlons de comparaison, de quotient, obtenu grâce à une répartition normée (loi normale, courbe de Gausse).

Il est donc difficile voire impossible de quantifier de manière exhaustive l’intelligence puisqu’elle est propre à chaque individu et que ses contours sont encore flous.

Quel est l’intérêt d’un test ?

Ce qui est mesuré dans un test d’intelligence est la performance d’une personne. Nous parlons en termes de Potentiel Intellectuel. Le test de QI calcule ce que la personne est capable de produire. Un test de QI évalue donc bien la capacité à utiliser, produire, donner un résultat adapté en fonction de l’intelligence et de ses des capacités sous-jacentes.

Il faut cependant être très prudent avec les résultats d’un test de QI qui ne reflète que la performance à l’instant T ! Une personne qui vit des difficultés personnelles, qui a très faim, qui est fatiguée ou qui est stressée par la situation de test sera moins performante. Nous partons donc du principe que le résultat obtenu à chaque activité reflète le minimum du potentiel de la personne. En effet, il est possible pour diverses raisons de moins bien performer que ses réelles compétences le permettraient, mais il n’est pas possible d’inventer une capacité ou de faire mieux que ce dont on est capable.
Cette subtilité et l’étude des « biais » de passation, l’importance de mettre à l’aise la personne et de lire correctement les résultats expliquent que seuls les psychologues formés aux tests psychométriques sont habilités à faire passer un test de QI.

Concrètement, comment cela se passe ?

Pour mesurer le potentiel intellectuel, les tests les plus couramment utilises ayant une validité scientifique mondiale et régulièrement mis à jour sont les échelles de Wechsler. Il en existe trois en fonction de l’âge : la WPPSI pour les 2-6 ans, la WISC pour les 6-16 ans et la WAIS pour 17 ans et plus. Le test est divisé en plusieurs activités, elles-mêmes regroupes en différents indices : verbal, perceptif, mémoire et vitesse d’exécution.

Le sujet obtient pour chaque activité un score qui va alors être comparé aux scores moyens des individus de son âge. Ainsi, un enfant de 7 ans qui obtient un score de 25/60 aura fait une meilleure performance qu’un enfant de 12 ans pour le même score. On peut alors donner une note standard sur 19 pour chaque activité selon l’âge de la personne.
Pour les résultats globaux nous utilisons ensuite la loi normale. La courbe de Gausse est un outil statistique qui utilise le principe que le plus de gens se retrouvent près de la moyenne et que plus on s’en éloigne, d’un côté comme de l’autre moins on en retrouve. L’intelligence marcherait selon le même principe. 50% de la population auraient un QI entre 90 et 109, 16,1% se trouvent entre 80 et 89 et 16,1% entre 110 et 119 etc.
Pour chaque échelle il est possible de déterminer dans quelle intervalle l’individu se trouve et se place sur 100. Nous comparons ensuite sa performance avec les performances moyennes des individus de son âge.

Quel est l’intérêt ?

Pouvoir déterminer un intervalle pour chaque échelle permet ensuite de les comparer entre eux. Nous pouvons alors isoler les difficultés d’un individu et ce qui le freine, en comprenant les aptitudes qu’il a du mal à mettre en place. Par exemple, si chez un enfant l’empan mnésique fait défaut, il est plus aisé de comprendre pourquoi il a du mal à appliquer les leçons apprises a l’école. Ce n’est ici pas une difficulté de compréhension des concepts scolaires, mais bien de garder ces informations en mémoire. De là, nous pouvons également percevoir quel type de mémoire est plus facilement utilisé (visuelle, auditive…) afin de proposer des outils stratégiques pour palier ces difficultés.

Les scores ne sont pas les seuls éléments auxquels nous prêtons attention lors de la passation du test. Il est essentiel également d’être attentif à la manière dont l’individu va se comporter pendant son exécution : est-il stressé, va-t-il demander de l’aide, reconnaitre ses limites, est-il motivé face a la difficulté croissante, soutient-il son attention, a-t-il besoin d’un rappel des consignes, a-t-il besoin de pauses ? Toutes ces informations sont primordiales pour avoir une compréhension spécifique du fonctionnement cognitif et émotionnel de l’individu et ainsi lui donner des clés de compréhension et des outils.

Notons également pour finir que le système et le programme scolaire sont établis pour être accessible et stimulant pour les enfants entre 80 et 120 de QI. En dehors, il est intéressant de procéder à des adaptations scolaires, à discuter avec un psychologue et le personnel encadrant de l’école.

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