Comment comprendre la rivalité fraternelle

C’est en préparant l’arrivée de notre premier enfant que nous devenons parents.

Nous sommes alors empreints de manière plus ou moins conscientisée des premières projections que nous pouvons avoir pour notre enfant, des projets de vie que nous avons pour lui.

Vient aussi le temps de découvrir la singularité de l’être que nous avons devant nous.
A travers mille et une choses, nous lui transmettons nos règles, nos valeurs, notre manière de voir la vie.

Cet enfant est une véritable découverte et nous apprenons de lui chaque jour. C’est aussi le premier maillon de la construction d’une dynamique très particulière : la famille.

La famille est un système vivant et lorsqu’elle s’agrandit, la dynamique familiale change, se métamorphose, évolue.

Les places de chacun se rejouent et chacun doit retrouver sa place. Avoir un frère ou une sœur est un magnifique cadeau que notre ainé(e) n’a pourtant pas choisi.

Les sentiments de celui-ci sont d’ailleurs souvent très ambivalents à l’annonce du nouvel enfant.
Les enfants s’aperçoivent vite que la notion de partage va prendre une place plus importante dans leur vie, ils vont devoir partager la relation privilégiée qu’ils avaient jusque-là avec leurs parents et ils peuvent avoir tendance à penser que l’amour est une quantité qu’ils devront également partager.

Il leur faudra un moment pour se rendre compte que l’amour parental peut au contraire se démultiplier.

Les enfants d’une fratrie bénéficient d’une même transmission, celle du mythe familial, c’est-à-dire l’ensemble des croyances qui constituent la personnalité de la famille.

Au sein de ce même héritage familial, chacun de nos enfants grandit et se singularise à sa manière. Ce n’est plus une façon de fonctionner et de se développer que nous avons face à nous mais plusieurs.

Les comparaisons deviennent presque inévitables, puisque notre première expérience nous sert de norme.
Bien heureusement, nous pouvons nous en détacher et nous laisser aller à la découverte du nouvel être aimé.

Nos enfants eux, vont en tant qu’être social se développer en se comparant. Ils partagent une relation particulière, une grande proximité où les rivalités vont de pair.

Ils sont souvent semblables et pourtant si différents.

Semblables car ils partagent un terrain génétique commun, et les transmissions psychiques dont nous avons parlé, mais aussi différents car ils développent leur propre personnalité, étant donné que leurs places sont différentes et qu’ils s’autonomisent de façon singulière.

Ils vont devoir apprendre à côtoyer leurs différences, à accepter les places de chacun et les remaniements qui s’opèrent à chaque bouleversement des cycles de vie familiaux.

Mais d’où vient cette rivalité fraternelle ? Et que s’y joue-t-il ?

Nous parlons de similitudes et de différences et c’est bien là que se situe tout l’enjeu de cette rivalité. Nos enfants vont à la fois s’identifier l’un l’autre et chercher à se différencier.

Ils peuvent adopter des rôles très similaires au sein de la famille et entrer en compétition, ou à l’inverse opter pour des places complémentaires voire opposées qui creuseront une incompréhension mutuelle.

Ces rôles entrent en résonance avec ce qu’ils pensent inconsciemment devoir accomplir pour l’équilibre familial.

Si les rivalités sont inévitables au sein d’une fratrie, rien n’est immuable en ce qui concerne la vie familiale. L’acceptation de chacun et la construction d’une vie de famille harmonieuse sont accessibles à tous.

Alors comment peut-on les amener, en tant que parents, à une meilleure entente ? Comment faire évoluer les relations que nos enfants partagent ?

Tout d’abord, il peut être intéressant d’analyser les places et les rôles que chacun s’est inconsciemment attribué.

Cela peut être un premier pas pour comprendre, avec nos yeux d’adulte et dans un langage analogique, les enjeux des disputes entre frères et sœurs.

Nous pouvons également les aider à mieux se comprendre mutuellement, en verbalisant ce que chacun semble traverser. Respecter et valoriser leurs différences, profiter de leurs points communs pour organiser des temps collectifs et rétablir une complicité sont tout autant de points primordiaux pour les aider à grandir à la fois ensemble et séparément.

Aussi, à tout âge les enfants d’une fratrie peuvent éprouver le besoin d’être rassurés sur l’amour équitable, inconditionnel et démultiplié que leur portent leurs parents.

Pour conclure, nous pensons qu’identifier les besoins de chacun des membres de la famille, respecter les temps, les places, les différences mais aussi les points communs et les moments de partage entre tous sont autant de pistes à explorer et nécessaires au bien-être de la famille.

Toutes ces questions nous permettent une première réflexion et ainsi quelques éclairages de compréhension quant au rôle des parents dans l’accompagnement de cette relation unique que partagent frères et sœurs.

Il faut trouver des pistes pour ne pas se sentir débordé par des rivalités fraternelles qui handicapent l’équilibre familial. Travailler par exemple sur la prise de recul et l’écoute de chacun, l’analyse externe de la situation, afin de retrouver des relations fraternelles apaisées.

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