Quand crise d’ado rime avec cadeau

Qui n’a jamais entendu parler de la fameuse crise d’adolescence ?

Ces enfants qui, hier encore, aimaient se blottir dans nos bras et qui aujourd’hui nous repoussent, parfois violemment.

Ces enfants que l’on pensait connaitre par cœur et qui se révèlent, du jour au lendemain, être tellement plus complexes.

Ces futurs adultes qui nous disent que de toute façon «vous pouvez pas comprendre ».

Justement, comprenons-nous vraiment ce qu’ils traversent ?

Qu’est-ce que c’est au juste que cette crise d’adolescence ? Pouvons-nous y échapper ? Que faut-il faire pour que notre enfant se sente mieux, et n’ait pas besoin de faire de crises ?

La première chose à comprendre, c’est que la crise est saine.
En psychologie, nous pensons que la crise n’a pas de connotation négative mais est au contraire salvatrice.
La crise va permettre de chambouler les repères de la famille, et va induire une remise en question de ses membres.

Un adolescent n’a pas les mêmes besoins qu’un enfant, mais surtout il n’a pas la même vision de son environnement.
Ce nouveau regard, que la famille a du mal à avoir de l’intérieur, va pousser les membres de la famille à s’ajuster aux nouveaux besoins, à cette nouvelle configuration.

Ainsi, le passage de l’enfance à l’adolescence, avec tous les questionnements identitaires que cela représente pour l’adolescent, oblige le noyau familial à se poser, lui aussi, des questions.

C’est donc cela en vérité la crise.

Elle est à entendre en terme de changement, de transformation, d’évolution. Tous les membres de la famille sont acteurs de ce changement et doivent trouver quel est leur nouveau rôle à endosser.

L’adolescent, ne l’oublions pas, est un adulte en devenir.

C’est ici et maintenant qu’il se pose des questions existentielles sur ce qu’il désire dans la vie.

Le modèle intériorisé est celui des parents : petit, il voulait faire comme son père, ou sa mère. Maintenant, il réalise qu’il est différent et qu’il a des aspirations propres. Alors, il éprouve le besoin de se démarquer. « Non seulement je ne suis plus petit, mais je suis MOI » nous dit-il.

Qui est ce moi ? Difficile de le savoir sans en expérimenter différentes facettes.

Alors, le jeune essaie, échoue, passe à autre chose, persévère… Il se construit non plus seulement grâce à ce qu’il voit chez les autres et donc par mimétisme, mais aussi en fonction de ses propres expériences.

Ces comportements qui nous posent question (quelle idée ce style vestimentaire !) ne sont que la résultante de ce questionnement : « qui suis-je ? » ou plutôt « qui veux-je être ? »

« Cette personne que je veux devenir, mes parents vont-ils l’aimer ? »
Voilà une autre question fondamentale de l’adolescence.

Alors ce jeune, en proie à ce doute, va tester l’amour de ses parents.

Cette rébellion qui caractérise l’adolescent en crise est une tentative de se détacher des attentes parentales tout en testant le lien d’attachement. « Moi, je vous aime comme vous êtes. Et vous ? »

Cette construction identitaire peut parfois se faire à travers des comportements dangereux, car l’adolescent a besoin de franchir des limites pour tester les siennes propres.

Ces comportements dits ordaliques permettent au jeune de valider son existence, de se sentir vivre, de transgresser pour mieux s’approprier les interdits.

Les parents étant garants de la sécurité de leurs enfants, il leur est difficile de comprendre pourquoi leurs enfants leur échappent, pourquoi ils font « n’importe quoi ».

Il est important dans ces moments de préserver la communication, de mettre des mots sur vos propres craintes ou incompréhensions. Vous pouvez formuler à votre enfant que vous n’êtes pas tout puissant mais que vous êtes prêts à faire le maximum pour l’aider pour aller ensemble vers une meilleure compréhension de lui-même, de votre relation, et du fonctionnement actuel de votre famille.

Pour conclure donc, cette crise d’adolescence que tout le monde redoute est le signe que le fonctionnement familial est sain et que l’adolescent est en pleine construction.

Nous, parents, devons accompagner nos enfants sur ce chemin difficile non plus en le prenant par la main comme tantôt, mais en leur montrant que nous serons toujours à leurs côtés, qu’importe le chemin qu’ils auront décidé de prendre.

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